
Il y a un peu plus d’un an, j’ai été diagnostiquée d’une endométriose. Je suis arrivée chez le gynécologue avec une plainte très claire : l’infertilité. À cette époque, nous essayions depuis un peu plus d’un an d’avoir un bébé. Après plusieurs examens, tests sanguins, échographies et IRM, c’était évident. J’avais une endométriose. J’avais cette endométriose depuis mon adolescence, c’est juste que dans mon cas, cela n’était pas si évident. Les règles douloureuses ne venaient pas très souvent. En fait, jusqu’en 2022, les douleurs pendant mes règles, où je tombais dans les pommes, étaient arrivées très rarement : maximum 5 fois. Comme c’était des événements assez exceptionnels, je n’y ai jamais trop réfléchi. Peut-être parce qu’on dit que c’est normal pour une femme d’avoir des douleurs. Peut-être parce que quand tu as tes douleurs, la seule chose à laquelle tu penses, c’est « que cette douleur s’arrête ». Et après, la seule chose à laquelle je pensais, c’était « aucune envie de me rappeler de ces douleurs ».
Les femmes qui souffrent d’endométriose peuvent aussi avoir d’autres symptômes : douleurs urinaires, troubles digestifs, fatigue chronique, douleurs dans les épaules, douleurs lombaires, douleurs pendant les rapports sexuels. Comme je n’avais pas ces symptômes et que je pensais que mes règles, qui venaient très rarement avec beaucoup de douleurs, étaient normales, je me suis retrouvée avec un diagnostic clair seulement à 35 ans, quand j’ai voulu avoir un bébé, comme c’est souvent le cas pour la plupart des femmes concernées.
En 2022, je voulais avoir un bébé et, en même temps, je me suis mise à pratiquer l’ashtanga à fond. Les deux énergies peuvent être assez contradictoires, mais parfois on a des envies contradictoires dans la vie. J’étais contente et excitée parce que j’avançais dans la 2ème série de l’ashtanga. Mon enthousiasme me poussait très loin et parfois je ne voyais plus si j’avais mes règles ou pas : je voulais juste pratiquer. Et comme une leçon d’humilité, les douleurs très intenses sont revenues !
Si je pratiquais sans aucune empathie envers mon corps et pendant la période de repos pendant mes règles, les douleurs revenaient.
Avec le diagnostic et les douleurs très intenses qui sont revenues 3 fois en un an, je me suis rendue compte que même si mon corps est génial et capable de faire un kapotasana, il est malade et il fallait en prendre soin. En tant que naturopathe, je n’étais pas du tout prête à accepter une chirurgie avant de faire plusieurs tests naturels sur moi-même.
Pendant 1 an, je me suis investie. J’ai étudié la maladie, les traitements médicaux, les traitements naturels. Je voulais comprendre pourquoi mon corps réagissait comme ça. Et pourquoi l’excès d’exercice physique déclenchait des douleurs. La relation du yoga avec les règles. J’ai découvert le yoga hormonal de Dinah Rodrigues, le yoga pour la femme. J’ai posé la question à David Swenson pendant ma formation en octobre. J’ai étudié les livres de Alissa Vitti et son application qui est géniale, le livre de Lara Briden et son blog avec une richesse sur le sujet et plein d’articles sur les nouvelles découvertes sur l’endométriose. Je suis allée encore plus loin et j’ai lu Louise Hay et la merveilleuse Teal Swan (ma préférée) qui donnaient des explications plus psychologiques derrière la maladie. J’ai compris le cycle féminin et les hormones féminines d’une façon beaucoup plus claire qu’auparavant. Maintenant, je peux même associer l’alimentation, les exercices physiques et comprendre comment fonctionne la chimie du cerveau selon la période du cycle menstruel. Grace à tout cela j’ai créé un protocole naturo complet pour l’équilibre hormonal féminin.
À un moment donné, je me suis plongée dans les théories sur l’endométriose. Est-ce une maladie auto-immune ? Est-ce une maladie liée à une bactérie spécifique ? Est-ce une maladie liée à la contamination par un métal ? Plusieurs théories, aucune validée par le milieu scientifique. Honnêtement, comme les médecins, je me suis retrouvée sans réponse pour la majorité de mes questions.
Et une fois de plus, j’ai reçu une nouvelle leçon d’humilité. C’est très frustrant de voir que ni la médecine, ni les traitements naturels ne peuvent soigner l’endométriose. On peut la rendre moins douloureuse, on peut réduire les symptômes, on peut aider les femmes à se sentir mieux dans leur corps. Mais on ne peut pas guérir cette maladie. Et pour expliquer la relation entre l’infertilité et l’endométriose, c’est encore plus complexe ! Dans mon cas, par exemple : tous les examens sont bons au niveau de la fertilité. J’ai 2 endométriomes et selon les médecins, si on les enlève, cela sera plus facile d’avoir un bébé. Pourquoi ? Ils ne savent pas l’expliquer, plusieurs théories, aucune validée, mais les statistiques montrent que cela fonctionne. Au moins, il y a un chemin…
Tout ça pour dire que je vais subir la chirurgie. Ouais, ouais. Anesthésie générale. Des cicatrices pour mettre des trucs bizarres dans mon ventre. Avoir du gaz carbonique dans le bide et me sentir ballonnée pendant une semaine après la chirurgie. Et ne pas pouvoir bouger comme j’aime pendant plusieurs semaines. Le bonheur ! Je ne sais pas si tout va bien se passer, j’espère.
En tout cas, je crois qu’il fallait que je m’expose. Je n’aime pas du tout faire semblant que tout va bien, ou avoir le profil de prof gourou, ou juste être mignonne et montrer ma belle vie sur les réseaux sociaux tout le temps. Je suis le résultat de plein d’influences. Moitié yogi, moitié naturopathe. Mais surtout, humaine, avec plein de problèmes, comme tout le monde.
Juste une dernière phrase pour bien terminer : la vie sans problèmes, c’est pas la vraie vie.
